La chimiothérapie

Qu'est-ce que la chimiothérapie ? Ce sont des médicaments chimiques administrés la plupart du temps par voie intraveineuse, mais aussi par la bouche. Ils ont pour rôle de supprimer les cellules malades se trouvant dans la moelle, le sang, les ganglions ou les organes.

 

Plusieurs de ces médicaments sont associés et injectés au malade pendant quelques jours. Malheureusement, la chimiothérapie agit aussi sur les cellules saines, et génère beaucoup d'effets secondaires.
Les cellules saines ont la particularité d’avoir une meilleure capacité de régénération que les cellules anormales.

Cette différence majeure rend la chimiothérapie possible si elle est administrée en plusieurs cycles. Ainsi, le traitement est répété tous les quinze jours où tous les mois pour laisser aux cellules saines le temps de se renouveler.

La chimiothérapie peut se faire entièrement à l'hôpital, l’hospitalisation pouvant être de courte ou de longue durée. Cependant, le traitement peut, dans certains cas, être administré à l'hôpital de jour ou à domicile, une infirmière qualifiée venant poser la perfusion.

Le choix du traitement, ou protocole thérapeutique, est fonction des particularités de la maladie. Les protocoles sont nombreux et sont expliqués au malade en détail avant le début du traitement.
Avant d'être appliqués, les nouveaux traitements doivent avoir fait la preuve de leur efficacité. Ils font donc l'objet de protocoles de recherche testés sur des sujets volontaires selon des procédures scientifiques rigoureuses. La participation à de tels protocoles de recherches est contrôlée par la loi. Chaque volontaire, après avoir reçu une information écrite et une explication de la part de l’équipe médicale, signe un consentement.

 

Comment l'administrer ?

La chimiothérapie se fait essentiellement par voie intraveineuse pour permettre la diffusion rapide des médicaments. La durée de perfusion varie de quelques heures à plusieurs jours. Ces produits pouvant être toxiques pour les petites veines, la pose d'un cathéter central au niveau des grosses veines est nécessaire. En cas de douleur pendant la chimiothérapie, il faut prévenir l’infirmière pour arrêter la perfusion et vérifier s'il n'y a pas eu fuite du produit en dehors de la veine. Le cathéter veineux central est posé par un médecin anesthésiste au bloc opératoire sous anesthésie locale au niveau des grosses veines de la base du cou (la veine sous-clavière).

 

Quels effets secondaires ?

D'importantes avancées ont permis ces derniers temps de réduire considérablement les effets secondaires, notamment les nausées et vomissements.
Cependant, s'ils sont moindres, certains effets secondaires demeurent inévitables.

La toxicité hématologique 

La chimiothérapie élimine les cellules malades mais aussi les cellules saines de la moelle osseuse. La production médullaire de globules blancs, de globules rouges et de plaquettes est alors diminuée pendant quelques jours.

Neutropénie : le nombre des globules blancs appelés polynucléaires neutrophiles est diminué, c'est l'aplasie. Pendant ces quelques jours, il y existe un risque infectieux. Des antibiotiques peuvent être prescrits et utilisés en cas de fièvre. Des facteurs de croissance granulocytaires peuvent être prescrits pour limiter la durée de cette neutropénie.

Anémie : la diminution de production de globules rouges par la moelle entraîne une anémie que l'on peut voir sur les examens de sang.

Thrombopénie : c'est la diminution du nombre de plaquettes produites par la moelle. Il existe dans ce cas un risque hémorragique. 

Cette toxicité hématologique nécessite donc une surveillance régulière par des prises de sang afin d'éviter une anémie ou une thrombopénie très forte (cf. plus bas).

La mucite ou aphtes 

Les aphtes de la bouche sont assez fréquents et liés à la nature et aux doses du produit de chimiothérapie. Les bains de bouche préventifs, les traitements antifongiques et anti-herpès peuvent être nécessaires. Des gels antalgiques ou anesthésiques peuvent être appliqués sur la gencive. Si l'alimentation est impossible pendant plusieurs jours, une hospitalisation peut être nécessaire.

Les nausées et vomissements

Ce problème est actuellement bien prévenu par l'administration systématique de traitement anti-nauséeux durant la chimiothérapie et même à domicile.

La perte des cheveux

Elle est aujourd'hui beaucoup moins fréquente qu'auparavant. L'alopécie survient dix à quinze jours après la chimiothérapie. Elle n'est pas définitive. Les cheveux repoussent une fois le traitement terminé. Dans certains cas (maladie de Hodgkin), une prévention par casque réfrigéré peut être un effectuée durant la perfusion.
La perte des cheveux constitue toujours un traumatisme. Pour éviter une transition trop brutale, il est conseillé de se faire couper les cheveux avant la chimiothérapie. Le port d'une perruque peut, le temps de la repousse, pallier le problème. Une ordonnance peut être demandée au médecin traitant, elle en permet le remboursement partiel.

La stérilité

La chimiothérapie peut provoquer une stérilité définitive. C'est pourquoi les hommes jeunes peuvent effectuer une congélation de sperme au CECOS (centre d'études et de conservation des œufs et du sperme) avant toute chimiothérapie. Cette congélation peut être effectuée si l'état d'urgence le permet. Chez les femmes, le risque de stérilité est moindre et une contraception est conseillée pour éviter toute grossesse pendant la chimiothérapie.

La pigmentation de la peau

Pendant la chimiothérapie, il est conseillé d'éviter toute exposition au soleil.

Les infections

(cf. toxicité hématologique). Une prophylaxie par des antibiotiques peut être effectuée. Elle sert à éviter certaines infections respiratoires. Toute fièvre supérieure à 38,5 degrés Celsius justifie une consultation en urgence et un début de traitement par antibiotiques par voie intraveineuse.

Surveillance

La numération 

À la sortie de chaque hospitalisation, une ordonnance pour faire des prises de sang régulières (une ou deux fois par semaine) est remise au malade pour surveiller :

- Le nombre de globules blancs : si leur nombre est bas, moins de 1 500/mm3, il y a risque d'infection. Dans ce cas, il est conseillé de surveiller régulièrement la température (une ou deux fois par jour).
En cas de température supérieure à 38,5 degrés Celsius, il faut appliquer l'ordonnance du médecin (prendre les antibiotiques prescrits pour ce cas) et appeler l'hôpital où vous êtes suivi.

- Le taux d'hémoglobine : si sur la prise de sang ce taux est inférieur à 8 gr/dl, il faut appeler le centre hospitalier qui vous proposera une transfusion.

- Le taux de plaquettes : les risques hémorragiques surviennent à des taux très bas, inférieurs à 20 000 voir 15 000/mm3. Dans ce cas, il faut appeler le centre hospitalier pour effectuer une transfusion de plaquettes.

Les signes d’hémorragie 

-  des urines rouges,

-  des selles noires,

- des vomissements sanglants,

- un saignement buccal important,

- des tâches rouges sur la peau.

Consultation en urgence

Il est impératif d'appeler le service de garde de votre centre
hospitalier devant l'apparition des signes suivants :

-  des plaquettes inférieures à 20000/mm3,

-  un taux d’hémoglobine inférieur à 8g/dl,

- des globules blancs inférieurs à 1500/ mm3
avec une fièvre supérieure à 38,5°,

- des urines rouges,

- des selles noires,

-  des vomissements sanglants,

- un saignement buccal important,

-  de nouvelles tâches rouges sur la peau,

- des aphtes empêchant l'alimentation depuis plusieurs jours,

- une diarrhée importante,

- un essoufflement récent.

 

Avertissement : Les informations ci-dessus ne sont pas exhaustives. Nous vous les présentons simplement à titre consultatif. Votre médecin est seul apte à vous donner les conseils qui s'appliquent précisément à votre cas. Avant la sortie de l'hôpital, des ordonnances et des recommandations écrites sont remises au malade par son médecin. Il faut les appliquer à la lettre et en cas de problème appeler le service de garde du centre hospitalier.

 

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