L'après

Bonjour,

Comme beaucoup ici, l'histoire commence avec le diagnostic, fin septembre 2016 d'une leucémie miéloblastique à l'aube de mes 21 ans. J'ai ensuite fait 7 mois de parcours de soin, une chimiothérapie d'induction suivie de 3 de consolidation. Je suis passée au travers de la greffe n'ayant pas de donneur compatible. Puis ayant la chance d'être en rémission complète depuis la première chimiothérapie, je suis revenu dans la vie "ordinaire" en avril.

Depuis j'ai pris quelques mois pour me reposer prendre soin de mon corps et de ma tête . Suite à cette année de mutation.. mes priorités ont évoluées, se sont éclaircies et j'ai de ce fait changé énormément de choses dans mon quotidien, de nouvelles études,une nouvelle ville, de nouvelles rencontres. Tout ça est plutôt positif cela me demande de l'énergie bien sûr, mais m'employer à faire ce qui me traverse me nourri énormément en retour.

Mais voilà, je me retrouve aux prises avec l'angoisse, une terreur profonde que cela puis revenir comme s'est arrivé. De devoir retourner dans le ventre de l’hôpital avec tout ce que ça implique. Et je me retrouve complètement seule face à ça. Je suis incapable de me rassurer, il n'y a que les résultats des prises de sang qui me donne du répit. Bien sûr ça me prend et puis ça me laisse. J'imagine que se libérer de ces peurs demande du temps et de la patience. Mais je me demande comment vous avez fait pour surmonter cette peur de la rechute ? Et si vous avez des conseils peut être..

Ensuite il y a autre chose, parfois ça me prend je me sens extrêmement lourde, le poids de ce vécu court et trop intense sur les épaules, je regarde les gens et je les envie d'être légers même si je me doute que ce n'est qu'une impression. Je me sens lente, pesante et vieille. Peut être aussi, lourde de mots et de souvenirs que les gens ne souhaitent pas entendre maintenant qu'on en est sorti de cette galère, que je suis "guérie". Mais moi j'y suis toujours dans ces souvenirs qui surgissent, dans cette phase de rémission longue et incertaine, en cours de guérison..

J'avais besoin de partager ça..

Bon courage sur vos chemins

Commentaires

bonjour clémence ! je pense que toutes les personnes qui ont vécu cette maladie , se reconnaîtront dans ton témoignage .... effectivement , même si sur le plan physique on est guérit , sur le plan psychique , cela doit être très long ....comme me dit souvent mon médecin traitant , on a pas eu un rhume . Perso je vois une psy , cela me permet de parler de mes peurs , des ces angoisses à chaque prise sang ....Je dirai que c'est à toi de voir et d'essayer des méthodes .... Perso , j'ai du mal avec la sophrologie , le yoga .....mais cela peut te permettre par la respiration à canaliser tes peurs ....
Ce qui est sur , c'est que la maladie nous change , et je comprends quand tu parles de légèreté .....difficile de se retrouver dans une façon de vivre , qui était notre mode de vie .....

Bonjour,
Oui ce n'était pas un rhume... mais très vite il devient impossible pour les gens de deviner qu'on est passé par là car la leucémie ne laisse que peu de traces, même au cours du traitement les gens ne se rendaient pas toujours compte que je ne m'étais pas coupé les cheveux par choix, les infirmières m'ont accueillit une fois en me demandant si je venais rendre visite à quelqu'un.. Comment admettre une maladie invisible, impalpable, derrière moi grâce aux traitements et pourtant présente en dilettante par les séquelles émotionnelles et de fatigue qu'elle me laisse ? Je vois une psy de temps en temps elle m'accompagne à gérer certaines émotions, mais dans les moments d'angoisse j'avoue que je reste submergée et que pour l'instant ça m'aide pas trop. Mais j'aime bien l'idée de Pierre de réaliser des projets qui nous tiennent à cœur avec nos proches. Et merci pour ta réponse et tes conseils

Bonjour Clémence,

Merci pour ce témoignage très émouvant de que vous éprouvez, tant de malades en rémission vivent les mêmes craintes !

Même s’il est vrai que rien ne sera plus comme avant, cette appréhension de la rechute va s’estomper avec le temps.
Votre organisme a été très éprouvé, tant par la maladie que par les traitements qui ont permis de la faire disparaitre. La « chair » et « l’esprit » ont été si agressés qu’il ne faut pas vous étonnez de vous sentir fatiguée ou lente. Cela fait partie d’une reconstruction qui va prendre du temps.

Quoi qu’il en soit, une chose est sure : vous êtes sur la pente ascendante. Dorénavant, la maladie est derrière vous, ne cherchez pas à la rattraper en vous retournant trop souvent sur ce passé douloureux.

Votre nouvelle vie est pleine de promesses et elle vous tend les bras ! Embrassez là et faites un maximum de projets avec les gens que vous aimez.

Amitiés, Pierre.

Merci pour vos précieux conseils, ça me touche ce que vous dites.

Amitiés

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